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Culture 41

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Accueil > Archives départementales > Nos missions > Histoire des archives départementales du Loir-et-Cher

  • Histoire des archives départementales du Loir-et-Cher

    Deux cents ans d'archives départementales

     

    « …les chartes, manuscrits, qui appartiennent à l'histoire, aux sciences et aux arts, ou qui peuvent servir à l'instruction »

    Charte de Louis XI en faveur de la Trinité de Vendôme - FRAD041_21_H_4_33

    C'est la Révolution française qui crée les archives départementales en Loir-et-Cher comme ailleurs en France : les lois du 7 messidor an II (25 juin 1794) et du 5 brumaire an V (26 octobre 1796) demandent le rassemblement au chef lieu "des titres soit domaniaux, soit judiciaires, soit d'administration, comme aussi dans les collections et cabinets de tous ceux dont les biens ont été ou seront confisqués, les chartes, manuscrits, qui appartiennent à l'histoire, aux sciences et aux arts, ou qui peuvent servir à l'instruction". Cette mesure conservatoire va à l'encontre d'une autre volonté révolutionnaire, celle qui consiste à détruire les marques de la tyrannie et les actes qui pourraient "blesser la liberté et la raison". Au même moment, le gouvernement révolutionnaire en guerre décide que les parchemins et papiers inutiles serviront à fabriquer des gargousses pour les fusils. Malgré tout, la vigilance de l'administration révolutionnaire qui rappelle plusieurs fois leur devoir aux citoyens administrateurs du département, permet une riche collecte d'archives. Ces archives représentent le noyau des collections des Archives départementales, autour des papiers des établissements religieux supprimés (couvents et cures), puis des chartriers des seigneurs émigrés.

     

    En 1813, le préfet répond à une enquête du ministère de l'Intérieur : "Blois, monseigneur, fut de longtemps le séjour des rois et beaucoup d'abbayes et de communautés religieuses y ayant été fondées, ainsi que sans doute dans toute l'étendue de pays qui forme maintenant le département de Loir-et-Cher, les archives de la préfecture doivent nécessairement présenter quelque intérêt sous le rapport de pièces très anciennes qui y ont été déposées par suite de la suppression de ces établissements. Il est à regretter que pendants [sic] les désordres de la révolution, un grand nombre de chartes, précieuses sans doute par leur ancienneté, aient été enlevées et d'autres vendues ; néanmoins, malgré ces expoliations [sic], les archives en possèdent encore quelques unes qui peuvent intéresser la curiosité des personnes qui se livrent par goût à ce genre de travail". Ainsi, tout au long du XIXe siècle et jusqu’à nos jours, les papiers des administrations préfectorales puis du conseil général sont versés aux Archives départementales.

     

    Aujourd'hui, les documents sont classés en Loir-et-Cher, comme ailleurs en France, selon un cadre de classement dit alphanumérique (voir l’état général des fonds) :

    • les registres paroissiaux et d'état civil se trouvent en série E (voir les Archives en ligne)
    • les archives du clergé séculier et régulier d'Ancien Régime en G et H. C'est en série G qu'est classé le plus ancien document écrit du département (lien vers galerie d’expo le doc. le plus ancien.),
    • en série B (Justices d'Ancien Régime), les cahiers de doléances de 1789.

    Cahier de doléances de La Chapelle-Vendômoise - FRAD041_1_B_658_2

    • en série O (Affaires communales) des plans d'école, en série S (Travaux publics) des plans de pont au XIXe siècle, en série Y (Établissements pénitentiaires) les registres d'écrou des prisons du département ou en série U (Justice) des minutes de procès les dossiers de la préfecture en série M, les archives privées en série

    Face à l'inflation documentaire que l'on connaît depuis la seconde guerre mondiale, pour gagner de l'espace dans les magasins, sempiternelle préoccupation des archivistes, les documents postérieurs à 1940 sont classés à la suite les uns des autres dans la série W.

     

    … « un local étendu, frais, en bon état de réparation et voûté »

    Les différents emplacements des Archives départementales - FRAD041_33_Fi_00621

    Dès la Révolution, les futures archives départementales s'installèrent dans le bâtiment même des administrations dont elles devaient recueillir les dossiers : l'ancienne abbaye de Bourgmoyen d'abord, dans un local "étendu, frais, en bon état de réparation et voûté". Elles rejoindront en 1802 l’évêché (actuelle mairie de Blois) puis, vers 1830, l'ancien couvent de la Visitation, aujourd'hui encore siège du conseil général et de la préfecture. Avant que le Conseil général n'alloue en 1886 la somme de 28 784,44 francs pour l'aménagement de la chapelle de la Visitation à la destination exclusive des archives, elles seront conservées dans des conditions parfois difficiles dans les greniers et les bureaux. Ainsi, en 1843, l'archiviste remarque qu'il "existe une grande quantité de vieux papiers inutiles dans les embrasures des croisées [qui] augmentent le désordre" (ADLC, 5 T 4).

    Archives au couvent des visitandines, accueil - FRAD041_5_T_36

    Archives au couvent des Visitandines, étage - FRAD041_5_T_36

     

    En 1953 est inaugurée dans la chapelle de l’ancien hôpital psychiatrique, aujourd’hui au cœur du centre administratif, une annexe nommée Minutier pour abriter les minutes versées par les notaires du département. Puis en 1964, les Archives quittent la chapelle de la Visitation (aujourd’hui salle des délibérations du Conseil général) pour un nouveau bâtiment rue Louis Bodin où sont depuis accueillis versements et public.

     

    « L’archiviste départemental a le devoir de veiller avec le plus grand soin à la conservation et au bon ordre des archives » (rapport de 1898)

    Depuis thermidor an III, il existe un archiviste, Toutain auquel son fils se joint comme commis, mais ce n'est qu'en 1854 qu'un professionnel de l'archivage est nommé en Loir-et-Cher, Alfred de Martonne. Entre-temps se sont succédé plusieurs employés de bonne volonté, mais "la classification n'a jamais été faite avec toute la méthode et l'esprit de suite qui doivent présider à semblable opération" (AD41, 5 T 6). En 1836-1837, un avocat blésois, Leroux, se voit même accordée la possibilité de classer des archives chez lui, qu'on lui apporte à domicile. Mais "il a été remarqué que l'homme de peine chargé du transport des dossiers n'offre pas lui-même aucune garantie ; qu'un jour de marché, au moment où il traversait la foule, des papiers se sont échappés de la charge qu'il portait, sont tombés et auraient pu se perdre ou se détériorer " (AD41, 5 T 27).

    Martonne, dans ses rapports, pose les principes d'un bon archivage : les bureaux ne devraient verser que des dossiers en ordre et pas trop récents, les locaux d'archives ne doivent pas être encombrés "de choses étrangères à son objet, telles que drapeaux, fusils, armes, caisses, tire-bourre, vieux cachets, pinces, pelles, chenets et meubles estropiés" (AD41, 5 T 6).

    Chacun des archivistes qui se succèdent au long du XIXe et du XXe siècle développe et enrichit les collections. Alfred Bourgeois et Guy Trouillard publient les inventaires-sommaires des séries G et H (lien vers EGF) et tous explorent avec minutie les fonds pour en extraire des sujets d’étude (lien vers EGF série F).

    A partir de 1940, Jean Martin-Demézil prend la tête des archives de Loir-et-Cher. Parfait connaisseur du département, de ses châteaux et de son histoire, il donne une grande impulsion culturelle au département. C’est lui qui fait construire l’actuel bâtiment des archives mais aussi lance le premier son et lumière de Chambord.

    Le bâtiment actuel situé 2 rue Louis Bodin en cours de construction - FRAD041_11_FI_0105