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  • 4 avril 1915

    4 avril 1915

    Pâques.

    « Haec dies quam fecit Dominus ; Exultemus et laetemur in ea. »…

    Oui réjouissons-nous, au milieu de nos tristesses, car voici le jour que le Seigneur a fait ; soyons dans la joie.

    Et les doux carillons appellent les fidèles aux cérémonies religieuses, et les foules emplissent les églises, et les humbles et les grands de ce monde s’agenouillent à la Table du Maître.

    Civils et militaires se rencontrent au banquet sacré ; les chants d’allégresse montent aux cieux ; les hymnes de joie s’élèvent avec la fumée bleue des encens, les ors et la pourpre se mêlent, la hiérarchie Sainte de l’église étage harmonieusement sa magnificence, les flots d’harmonie s’envolent des grandes orgues et s’épandent sur les foules transportées et ravies. L’Alléluia de triomphe retentit sous les voûtes des riches cathédrales et des modestes églises de village. Alléluia ! Alléluia !! Alléluia !!!

    Voici le jour que le Seigneur a fait.

    À la messe, comme aux vêpres, à la cathédrale, les cérémonies sont très belles et monseigneur l’évêque officie.

     

    Messe front

    Messe sur le front.- Agence photographique Rol.- BNF, [Rol, 45538]

     

    Hélas ! En ce jour la lutte est plus âpre, plus vive et plus cruelle que jamais.

    Le bon Amouroux m’écrit de

    « Chaumont, le 2 avril 1915

    Monsieur Legendre

    Je viens par cette lettre me rapprocher de vous afin de vous donner de mes nouvelles, lesquelles sont assez bonnes pour le moment. Je puis vous dire que je suis très satisfait de la place que M. Croisier m’a fait occuper dans le château. Il me trouve très bien en tout et pour tout, comme nourriture rien ne manque ; là nous avons de toutes sortes de jeux pour nous amuser, et comme vous devez le savoir un vaste parc pour aller se promener.

    Pour le moment je ne puis pas aller encore bien loin, car je suis obligé de me servir de la canne pour marcher. On me l’a tout de même défendu de marcher trop, car, sur la fatigue, le pied s’enfle davantage.

    Je vis tout de même dans l’espoir que le bon Dieu aura pitié de moi et me conduira dans le chemin d’une parfaite guérison. Je vis tout de même en bonne santé et désire que la missive vous en trouve de même.

    J e pense souvent à vous car jamais je n’oublierai le dévouement et les soins que vous avez eu pour moi et mes camarades : aussi je n’ai que des sentiments de remerciements à vous adresser.

    Et si Dieu me permet de conserver ma vie, j’en garderai un précieux souvenir tous les jours de mon existence.

    Votre tout dévoué et respectueux ami que vous salue.

    Signé : V. Amouroux.

    Vous donnerez bien le bonjour de ma part aux infirmières et aux camarades, sans oublier le petit Viard. »