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  • Documents du mois de mai 2017 : les exemptés et réformés devant la commission de réforme

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    Paul Goute (1860-1943), Caricature : le conseil de révision (Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie, PET FOL-QE-352). Source : gallica.bnf.fr

     

    À la suite des batailles majeures de 1916, l’armée française peine à renouveler ses troupes : outre les morts, nombreux sont les blessés définitivement inaptes au combat. Déjà, en 1915, la loi Dalbiez « assurant la juste répartition et une meilleure utilisation des hommes mobilisés ou mobilisables » avait permis disposer de plusieurs centaines de milliers d’hommes supplémentaires, auparavant exemptés ou dispensés. Mais les réserves sont insuffisantes, et les nouvelles classes sont appelées de plus en plus tôt : la classe 1917 dès janvier 1916, la classe 1918 en avril 1917.

    Pour pallier le manque d’hommes, le 20 février 1917 est promulguée la « loi relative à la visite, par les commissions de réforme, des exemptés et réformés ». Il s’agit d’examiner tous les hommes des classes 1896 à 1914 qui avaient été exemptés ou réformés n°2 -c'est-à-dire pour un problème de santé sans lien avec le service militaire- lors de la mobilisation en 1914. L’objectif est de déterminer si, depuis cette date, la situation de certains d’entre eux a pu évoluer et les rendrait donc aptes au service armé.

    Dès le 27 février 1917, le préfet de Loir-et-Cher rédige une circulaire invitant chaque mairie à établir une liste des personnes concernées et recueillir les justificatifs de situation de chacun : certificat médical, extraits d’actes de naissances des enfants pour les pères de familles nombreuses, etc. Trois catégories d’hommes sont établies : ceux qui seront convoqués à la visite médicale devant la commission de réforme ; ceux qui jouissent d’une dispense ; ceux dont l’état de santé nécessite une visite à domicile. On diffuse le 15 mars un programme des visites à effectuer : pour l’arrondissement de Romorantin, elles sont prévues du 3 mars au 4 avril.

    Les procès-verbaux de la commission de réforme nous permet d’en apprendre plus sur les personnes concernées :

    • La première catégorie concerne 647 hommes. Après visite médicale, 142 sont classés dans les services auxiliaires (unités non combattantes) en raison de leur état de santé et 129 dans le service armé.
    • La deuxième catégorie, relative aux dispensés, concerne 33 hommes : ils sont soit veufs et pères d’au moins trois enfants, soit pères d’au moins quatre enfants, soit ont deux frères ayant tués au front. Après étude des justificatifs, tous ces hommes sont effectivement dispensés.
    • La troisième catégorie, relative personnes ayant requis une visite effectuée à domicile concerne 50 hommes. Au vu de la situation de chacun, seuls deux d’entre eux sont classés dans les services auxiliaires.

    À l’issue de ces visites, le sort de 22 personnes reste en suspens : une séance de clôture a lieu le 1er mai afin de trancher ces derniers cas : 7 d’entre eux sont jugés bons pour le service armé et un autre est classé dans les services auxiliaires.

    Au total, sur les 730 hommes de l’arrondissement de Romorantin concernés par le dispositif, 145 sont classés dans les services auxiliaires et 136 sont bons pour le service armé. Les 449 hommes restants sont eux, maintenus réformés, exemptés, ou même rayés, c'est-à-dire non astreints aux futures visites.

    Outre les connaissances qu’ils nous apportent du fonctionnement du recrutement militaire, ces procès-verbaux, ainsi que les pièces justificatives fournies par les personnes concernées sont des sources précieuses pour la généalogie et apportent quelques éléments à ceux qui se demandent ce qui s’est passé pour « ceux qui restaient », ceux dont le feuillet matricule militaire semble bien vide…

     

    Sources AD41 : 1 Z 426 ; 1 R 356 à 361.

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