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  • 1612 : Louis XIII, Philippe de Béthune et l’abbaye de Selles-sur-Cher

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    « Veue de l'Äbbaye de Celles en Berry de l'ordre des Feuillens » (1707), collection Roger de Gaignières, Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie, EST VA-41 (2). Source gallica.bnf.fr

     

    En 1604, Philippe de Béthune, frère de Maximilien de Béthune, duc de Sully et célèbre ministre d’Henri IV fait l’acquisition de la seigneurie de Selles. Homme d’état, Philippe de Béthune est alors ambassadeur à Rome. Sa mission diplomatique achevée, il arrive à Selles en 1605. Il trouve l’abbaye dans un bien mauvais état : les bâtiments sont demeurés largement ruinés depuis les guerres de religion et l’établissement a été quelque peu délaissé.

    Ayant obtenu du roi le droit de nommer l’abbé, Philippe de Béthune décide d’unir l’abbaye à congrégation de Saint-Victor. Malgré un processus avancé, cette union échoue : Philippe de Béthune se tourne alors vers la congrégation des Feuillants, d’origine italienne, dont il a pu côtoyer les représentants à Rome et dont certains sont installés à Paris depuis 1587. D’après le chroniqueur Pierre de Sainte-Catherine, religieux à qui l’on doit une histoire manuscrite de l’abbaye (AD 41, 30 H 32), les Feuillants sont dans un premier temps peu intéressés : les travaux à réaliser sont importants, les contraintes nombreuses et  les revenus de l’abbaye limités. Philippe de Béthune persiste et, après différentes tractations, le principe de l’association de l’abbaye de Selles aux Feuillants  est enfin accepté. Par lettres patentes du 27 décembre 1611, Louis XIII prononce cette union : elle doit maintenant être homologuée par le pape Paul V.

    Mais malgré une lettre du roi, les choses prennent un certain temps. Ainsi, près d’un an après avoir donné ses lettres patentes, le 16 décembre 1612, Louis XIII s’adresse à son ambassadeur à Rome, François Savary de Brèves, dans une lettre, qui vient d’être acquise aux enchères par les Archives départementales de Loir-et-Cher (AD 41, 1 J 506). Le roi explique ainsi que« desirant mesdites lettres estre effectuées, et veoir la pieté et devotion establye en ladite abbaye de Selle telle qu’elle est en ladite congregation des feuillans et mesmement pour la recommandation qui m’en a esté faicte par le sieur de Bethunes, je vous prie de recommencer de nouveau et vous emploier envers sa sainteté, à ce que son bon plaisir soit de faire délivrer  sur mesdites lettres lesdites bulles et expeditions qui sont necessaires et ce faisant vous me ferez service bien agreable ».

    Cette lettre, signée « Louis » et contresignée par le secrétaire d’État Paul Phélypeaux de Pontchartrain, est rapidement suivies d’effets : dans une bulle du 19 mars suivant, le pape Paul V homologue l’union. Le 3 octobre 1613, les religieux de la congrégation des Feuillants prennent officiellement possession de l’abbaye. Dans les années qui suivent, d’importants travaux sont faits pour relever l’abbaye, qui va connaître une nouvelle prospérité.

    Outre son apport à l’histoire de l’abbaye de Selles, cette lettre est intéressante à plusieurs titres. Abîmée dans sa partie droite, elle a été anciennement restaurée : une feuille de papier a été contrecollée, les mots manquants recopiés dans un style imitant celui de la lettre. Le restaurateur a également pris garde, au revers, d’évider la feuille contrecollée afin de conserver l’adresse présente : « Mons. de Breves, Conseiller en mon conseil d’Estat et Ambassadeur à Rome ».

    La lettre présente également trois annotations manuscrites postérieures : la première indique que « cette lettre m’a esté donnée par Monseigneur le Comte de Bethune l’an 1664 ». Le comte de Béthune est alors Hippolyte, le fils de Philippe, tandis qu’on ignore l’identité du responsable de cette mention. Est-ce par ce dernier que la lettre a été restaurée, vu la très grande similarité des encres ?

    Juste en dessous, on précise que « cette lettre est de Louis treize » : pour l’auteur de cette annotation,  l’identité du roi, qui a simplement signé « Louis », n’était peut-être plus évidente. Enfin, sous la signature du roi, une étrange soustraction apparaît : 1733-1612 = 0121. Aurait-on compté, en 1733, l’âge de cette lettre ? Autant d’éléments qui témoignent d’un intérêt porté à cette lettre et à sa conservation, bien après sa rédaction : conservation qui sera, plus de 400 ans plus tard, désormais assurée par les Archives départementales de Loir-et-Cher.

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